Aller au contenu

Chapitre 09 sur 9

Remplacer une installation sans arrêter un bâtiment

Couper l’eau sur une zone d’un bâtiment qui continue de tourner, y travailler, et la remettre en service le jour même.

Sur du neuf, on pose. Sur un remplacement, on intervient sur une installation qui protège un bâtiment qui continue de fonctionner : un entrepôt qui expédie, des bureaux occupés, une activité qui ne s’arrête pas. Le métier n’est plus le même, et le rendement ne se mesure plus en mètres posés.

FENÊTRE D’INDISPONIBILITÉ ACCORDÉE DEMANDE DECONSIGNATION,LA VEILLE VIDANGEDU TRONÇON DÉPOSE, POSE, RACCORDEMENT LA PART OÙ L’ON TIENT UN OUTIL REMISE EN EAUET PURGE VÉRIFICATION,LEVÉE DECONSIGNATION PENDANT TOUTE LA FENÊTRE, LA ZONE N’EST PLUS PROTÉGÉE. C’EST CE QUI FIXE SA DURÉE, ET CE QUI INTERDIT DE DÉPOSER PLUS QU’ON NE PEUT REPOSER.
Les portions pâles ne sont pas à notre charge, mais elles occupent la fenêtre. La barre pleine est la seule part où l’on tient réellement un outil.

Le réseau qu’on dépose est en service

C’est le point de départ, et il conditionne tout le reste. Tant que le réseau est en eau, on n’y touche pas. La séquence est fixe et elle n’est pas négociable.

  • Une demande de consignation est déposée à l’avance, généralement la veille : c’est la demande formelle de faire couper et condamner l’arrivée d’eau sur la zone.
  • L’exploitant accorde une autorisation d’intervention sur une plage définie.
  • Le tronçon concerné est vidangé.
  • La dépose, la pose et le raccordement se font dans la fenêtre accordée.
  • Le réseau est remis en eau, purgé, puis la consignation est levée.

La consignation et la vidange ne relèvent pas de l’entreprise de pose. Mais le temps qu’elles prennent occupe la fenêtre, et ce temps est un risque : ce qui se vend sur ce type d’opération, ce sont des heures d’équipe présente, pas des mètres de tube.

Pendant l’indisponibilité, la zone n’est plus protégée. C’est pour cette raison que la fenêtre est courte, négociée, et qu’elle ne se prolonge pas. C’est aussi pour cette raison qu'on ne dépose jamais plus que ce qu’on est capable de reposer et de remettre en eau dans la journée. Ce principe prime sur le rendement.

Ce que personne ne pense à compter

Sur une opération de remplacement, l’attention se porte naturellement sur les têtes : leur nombre est au plan, il est facile à annoncer et facile à vérifier. Une dépose complète suivie d’une reconstruction porte pourtant sur bien plus que cela.

Il faut compter les collecteurs et les antennes déposés puis reposés, mais aussi le supportage — qui reste au plafond quand le tube est parti, et qu’il faut soit réutiliser, soit déposer à son tour. Sur une zone dense, la dépose des supports représente une part de travail comparable à celle de la pose du réseau neuf.

Les trois blocages qui ne dépendent pas de nous

Le calorifuge et le traçage
Le calorifuge est l’isolant qui entoure les tubes, le traçage le câble qui les réchauffe. Ils sont physiquement sur les réseaux à déposer, et leur retrait relève d’un autre corps d’état. Tant qu’ils ne sont pas retirés, la dépose ne peut pas commencer. C’est le blocage le plus fréquent, et il se repère au plan avant le démarrage.
La consignation tardive
Une consignation qui arrive à dix heures au lieu de huit ampute la fenêtre de deux heures, sans réduire le travail à faire. Elle se demande la veille, par écrit, et se vérifie le matin avant d’ouvrir quoi que ce soit.
La zone occupée
Sur un site en activité, une allée peut être bloquée par l’exploitation elle-même. Cela se constate en arrivant, pas en fin de journée.

Le réflexe qui fait gagner de l’argent

Sur ce type d’opération, un compagnon qui signale à midi qu’une zone est inaccessible fait gagner davantage qu’un compagnon qui pose vite. Le signalement précoce permet de basculer l’équipe sur une autre zone, de renégocier la fenêtre, ou de faire lever le blocage dans la journée.

C’est un renversement complet par rapport à un chantier neuf, où le rendement de pose est la variable principale. Ici, la variable principale est le taux d’occupation réel de la fenêtre.

Ce qui se prépare avant le premier jour

Trois choses se règlent en amont et déterminent le déroulement de tout le chantier : le découpage en zones cohérentes avec les postes de contrôle existants, le calendrier des fenêtres accordées par l’exploitant, et l’inventaire de ce qui devra être retiré par d’autres avant que la dépose puisse commencer.

Un remplacement qui se passe bien est un remplacement dont ces trois points ont été arrêtés avant la première consignation.

Voir une opération de ce type

Ce site ne publie aucune valeur à respecter. Les cotes et les distances applicables sont celles des pièces écrites et des plans de chaque opération : ce sont eux qui font foi, et eux seuls.

Une opération sprinkler à faire poser ?

Le site, la nature du réseau, la date. Si vous avez les plans, déposez-les : nous chiffrons dessus.